Général Charles de Gaulle

On connaît mal la nature de la foi du général… Malraux n’y croyait pas. Qui connaît la nature (ou la réalité) de la foi de chacun ? L’écrivain Denis Tillinac, dans son récent Dictionnaire amoureux du Général (Plon), s’interroge : « Les ressorts de cette foi relèvent du mystère. Dieu, en son for intime, était-ce celui des saints du calendrier et des théologiens accrédités par la Tradition ? Aucun ne figure au catalogue des penseurs qui l’ont marqué. »

 

En voyant s’élever, majestueuse ou grotesque, la croix de Lorraine, érigée en 1972 après une souscription nationale, et même internationale, on pourrait se dire que de Gaulle était un moine soldat… Mais non. Sa première « apparition » mythique aux Français, c’était à Notre-Dame, le 26 août 1945… Il refuse la présence de l’archevêque de Paris Mgr Suhard, soutien zélote du maréchal Pétain. Aucune intonation religieuse dans cette déclaration patriotique et victorieuse… Il prit possession politique de ces lieux symboliques. Jamais il n’invoqua Dieu, la religion, pour justifier ses guerres, ses engagements, ses choix.

Il reprocha même à l’idéologie de la Révolution nationale, au pétainisme, d’avoir prétendu renouer avec la tradition de la France fille aînée de l’Église et d’avoir motivé une partie de ses actes par une forme de repentance après cent cinquante ans de domination de la philosophie des Lumières. Il fut laïc sans jamais prononcer le mot, permit à l’école catholique d’avoir un espace et des moyens, ne communiait jamais en public lors de messes officielles, se rendait le dimanche, simplement et en famille à l’église de Colombey, avait fait aménager une discrète petite chapelle à l’Élysée.

 

Il avait 15 ans en 1905 et a vu ses parents meurtris par le petit père Combes et la teneur des débats sur la loi de séparation de l’Église et de l’État. Ses parents, royalistes, furent cependant marqués par le « libéralisme » du pape Léon XIII qui ne s’attachait pas aux formes de gouvernement. Donc, la République n’était pas leur choix mais ce n’était pas le pire des régimes pour la famille de Gaulle, si c’était la France. D’ailleurs, le père de Charles de Gaulle avait été dreyfusard.

Le catholicisme du Nord était aussi attentif aux sorts des pauvres… Le catholicisme des de Gaulle n’était pas la religion des dominants. Toujours Denis Tillinac : « Le catholicisme de De Gaulle s’inscrira dans ce double sillage : conscience de l’injustice sociale et indifférence à la nature du régime politique. Comme son père, il a été influencé par Lacordaire, Lamennais, Montalembert, La Tour du Pin, Albert de Mun : autant de chrétiens dont les préoccupations rejoignent en gros celles des militants du Sillon de Marc Sangnier. » C’est l’époque où nombre de catholiques, voulant accorder leur foi et leurs actes de citoyens, s’intéressent au Sillon. C’est peut-être de là que vient le « gaullisme social » tant revendiqué aujourd’hui.

Ecrits sur Général De Gaulle

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